Porcine Lout in the Mirror Lounge

Mick Peter

November 15, 2014 - January 10, 2015

Hatchjaw remarks (unconfirmed, however, by Bassett) that throughout the whole ten years that went to the writing of The Country Album de Selby was obsessed with mirrors and had recourse to them so frequently that he claimed to have two left hands and to be living in a world arbitrarily bounded by a wooden frame. As time went on he refused to countenance a direct view of anything and had a small mirror permanently suspended at a certain angle in front of his eyes by a wired mechanism of his own manufacture. After he had resorted to this fantastic arangement, he interviewed visitors with his back to them and with his head inclined towards the ceiling; he was even credited with long walks backwards in crowded thoroughfares. Hatchjaw claims that his statement is supported by the Ms. of some three hundred pages of the Album, written backward, ‘ a circumstance that made necessary the extension of the mirror principle to the bench of the wretched printer.’ (De Selby’s Life and Times, p. 221.) This manuscript cannot be found.
-Flann O’Brien, The Third Policeman, 1967-

Authors are always credited with giving life to their characters and at first glance Mick Peter’s graphic and sculptural work, which always takes inspiration in literature, seems to proceed in the same way.
B.S. Johnson, an English novelist who passed away in 1973, was once called by «Porcine Lout», by a member of the audience at one of his lectures, obviously disturbed by his unconventional attitude. «Porcine Lout» is also the title of one of the three sculptures displayed inside a cement environment in the first room of the gallery, together with «The Reader», a young girl laying down absorbed in her book, and «Measure and Measure Again», an architect character akin to Peter Smithson, of the brutalist movement. The wall-relief evokes something of this movement in using «brut» cement and geometrical forms. This environment is also a «Mirror Lounge», a dysfunctional hall of mirrors where the question of the reflection is raised in other terms, as it has been made ‘after’ Joost Swarte, Dutch cartoonist born in 1947 and practitioner of the «ligne claire» style.
But the specificity of Mick Peter’s work is to go beyond this narrative adaptation of animating objects in a theatrical way, something that would reduce them to props. It is about playing with applications of literary theory, using devices that explore the limits of the ‘constructedness’ of things. When language is the medium, everything can be done inside the frame of the page: temporal shifts, changes in linguistic register, situation, narrator etc.
It is this multiplicity of perspectives Mick Peter attempts to find in his graphic and sculptural work. Like de Selby, quoted in Flann O’Brien’s novel, The Third Policeman, Mick Peter’s recent sculptures are predicated on uncertainties. Drawing figures which seem to have been cut from the flatness of the paper, and dragged into the three-dimensional space of sculpture, they can be seen as rhetorical gestures. The series of eight drawings presented in the second room continues this reflection on flatness, adding specific questions about image making. Quickly drawn characters, in the style of editorial cartoons, are cut and placed in a second drawn environment, before being carefully drawn again. In this way, they are located in the flatness of the page once again.
Porcine Lout in the Mirror Lounge, Mick Peter’s third solo show at the gallery, is located in this toing and froing between different dimensions, registers, perspectives, temporalities and voices.


Hatchjaw remarque (ce n’est toutefois pas confirmé par Bassett) que durant les dix années qu’a duré l’écriture de The Country Album, De Selby a développé une obession croissante pour les miroirs et qu’il y a eu recours si fréquemment qu’il déclarait avoir deux mains gauches, qu’il vivait dans un monde arbitrairement délimité par un cadre en bois. Avec le temps, il refusa même de consentir à une vue directe des choses, et avait un petit miroir suspendu en permanence à un angle précis face à ses yeux, grâce à un mécanisme cablé de son invention. Après avoir eu recours à cet ingénieux stratagème, il interrogeait les visiteurs en leur tournant le dos, la tête inclinée vers le plafond; on disait même l’avoir vu faire de longues promenades à reculons dans des artères très fréquentées. Hatchjaw déclare que son témoignage est corroboré par le manuscrit d’environ trois cent pages de l’Album, écrit à l’envers, ‘une circonstance ayant nécessité l’extension du principe du miroir au banc du malheureux imprimeur.’ (De Selby’s Life and Times, p. 221.) Ce manuscrit n’a jamais été trouvé.
-Flann O’Brien, Le troisième policier, 1967-

On dit toujours d’un auteur qu’il donne vie à des personnages, et à première vue, le travail graphique et sculptural de Mick Peter, dont le point de départ des recherches se situe toujours du côté de la littérature, semble prendre à la lettre cette formule.
«Porcine Lout», «gros malotru», c’est par ces mots que B.S. Johnson, romancier anglais mort en 1973, fut un jour hêlé par le spectateur d’une de ses conférences, manifestement heurté par son attitude générale peu conventionnelle. «Porcine Lout», c’est aussi le titre d’une des trois sculptures de l’exposition qui figure, au coeur d’un décor en ciment envahissant les murs de la première salle de le galerie, avec «The Reader», jeune femme allongée par terre, nonchalamment plongée dans sa lecture, et «Measure and Measure Again», personnage évoquant Peter Smithson, architecte du mouvement brutaliste, dont le bas-relief mural évoque les fondements : usage du béton brut et de dessins géométriques élémentaires. Ce décor est aussi, d’après le titre de l’exposition, un «Mirror Lounge», une galerie des glaces dysfonctionnelle, dans laquelle la question du reflet se pose dans d’autres termes, faite «d’après» Joost Swarte, dessinateur de bande-dessinée néerlandais né en 1947, représentant actuel du style «ligne claire».
Mais la particularité du travail de Mick Peter, c’est de ne pas s’arrêter à cette adaptation narrative : donner vie à des personnages, ce serait peut-être réduire ses propres sculptures à des accessoires, ou des décors. Il s’agit plutôt d’emprunter les outils de la littérature pour explorer les limites du caractère construit des choses. Avec le médium comme langage, tout est possible dans le cadre d’une même page : les changements de temps, de registre, de situation, de narrateur etc. C’est cette multiplicité de perspectives que Mick Peter tente de retrouver dans son travail graphique et sculptural. A la manière du personnage de Selby, cité dans le roman de Flann O’Brien, les sculptures récentes de Mick Peter sont pétries d’incertitudes. Figurines de dessin semblant être découpées dans la surface plane du papier puis hissées dans le champ tri-dimensionnel de la sculpture, elles peuvent être vues comme des gestes rhétoriques.
La série de huit dessins présentée dans la deuxième salle poursuit cette réflexion sur la confrontation entre planéité et tri-dimensionnalité, en se dotant de questions propres au travail graphique. Des personnages dessinés rapidement, à la manière d’illustrations de presse, sont découpés puis placés dans un autre environnement de dessin avant d’être minutieusement redessinés. Ils se situent alors à nouveau dans la planéité du papier. C’est dans cet aller-retour entre différents registres, dimensions, perspectives, temporalités et voix que s’inscrit Porcine Lout in the Mirror Lounge, la troisième exposition personnelle de Mick Peter à la galerie.

  • Porcine Lout in the Mirror Lounge
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