Mary-u-wanna

Florian & Michael Quistrebert

06.10 – 07.10

After a one year residence in New York City in 2009 (Triangle Studio, Culturesfrance), the work of the Quistrebert brothers, breaking with the narrative process, evolved to an ambiguous and oracu- lar abstraction, along with a fascination for Gotham (Gothic America) architecture and ornamentation. According to them, it is a style « that dares formal mixes, combining gothic vertical impetuses and constructivist cuttings, medieval austerity and futuristic megalomania.» The artists, more than working inside a specific style, wish to «mistreat, to pervert it», in a post-modern version of romanticism (given the hypothesis that the conceptual absolute of the 90’s was modernist). The last paintings result in «the place of a dilemma delivered to the present era: are we here on the side of idealisation of nostalgic symbols or on the one of distant incarnation of disintegration and rotting of things?» (Alexis Vaillant) Thus taking inspiration from early XXth century American artists and specifically from Lyonel Feininger (who the French critic Yves Brochard considers as the incarnation of «unity and spiritual base of arts in a mystical atmosphere»), they choose to mix avant-gard and darkness. They superimpose layers of pain- tings, borrowing to the method of collage, but also to appropriation or geometrical forms connection.
Their recent videos are moving versions of their geometric paintings, they remind of the avant-garde films of Lazlo Moholy-Nagy and Hans Richter which use of an infinite combination of geometric forms. They are made of shadows shot on a sheet with a digital camera. More present in their work today, their videos are meant to be «a rolled up version of the futurism, a poor psychedelism, only black, white and grey».
Using those poor medias, paint spray or low-tech video, Florian and Michaël Quistrebert deal with degene- ration of utopias, and move on from the mystical and idealistic visions of the major abstract painters. For Moholy-Nagy, abstract art planned to create «a desirable futur order». Mondrian saw in painting a model of universal harmony and genuine beauty, and thought that man, during his development, would replace it with an environment where he would live in harmony. Kandinsky fixed a deep relationship between art and so- ciety, in a very religious issue. Refering to suprematism, Malévitch wrote : «our art world brings the new, the non-objective, the pure.» And the October 1917 Revolution develops the conditions of Russian avant-garde since the artists join the idea that a revolutionary art was a necessary component to the social and political revolutions. Until the artists became a threat to the Revolution that finally suffocated by its own undertaking.
Therefore the religious aspect of the work is an lure. It needs to be observed with a global mystical overview. About this mediumnic abstraction, the artists prefer speaking of «psychic», «of the mind».
Florian & Michaël Quistrebert live and work in Paris. Their last solo shows were in Domaine départemantal de Chamarande (Ex Futuro), in New York (Brothers of the Shadow, Envoy Enterprise) and in Nantes (The Eighth Sphere$, Zoo Galerie). They were part of several group shows including *NineteenEightyFour (Aus- trian Cultural Forum, New York), Là-bas (Galerie Crèvecoeur) and I’m so Sad my God (ISCP, New York).


Après avoir passé une année de résidence à New York en 2009 (Triangle Studio, Culturesfrance) la pratique des frères Quistrebert, rompant avec le procédé narratif, a évolué vers une abstraction ambigue, sybilline, au gré d’une fascination pour l’architecture et l’ornementation Gotham (Gothic America). Selon leurs dires c’est un style qui “ose des des mélanges formels, alliant élans verticaux gothiques et découpes constructivistes, austérité médiévale et mégalomanie futuriste”. Ils n’ont jamais souhaité s’établir dans un style, mais plutôt le “malmener, le pervertir”, dans une sorte de variation post-moderne du romantisme (si on considère l’absolu conceptuel des années 90 comme moderniste). Leurs dernières toiles constituent ainsi “ le lieu d’un dilemme adressé à l’époque: sommes-nous ici du côté de l’idéalisation de symboles nostalgiques ou de celui de l’incarnation dis- tante du désagrègement et du pourissement des choses?” (Alexis Vaillant)
Ils choisissent ainsi, s’inspirant des artistes américains de la première moitié du XXeme siècle, et en particulier de Lyonel Feininger (en qui le critique Yves Brochard voit l’incarnation de “l’unité et la base sprituelle des arts dans une ambiance quasi-mystique) de “mêler avant-garde et obscurité”. Ils superposent pour se faire les couches de peinture, à l’image de la méthode du collage, mais également une certaine forme d’appropriation ou de mise en rapport des formes géométriques.
Leurs récentes vidéos, déclinaisons de leurs peintures géométriques, rappellent les films d’avant-garde de Lazlo Moholy-Nagy, ou ceux de Hans Richter qui permettaient une combinaison infinie de formes géométriques. Elles sont réalisées à base d’ombres filmées sur un drap par un appareil numérique. De plus en plus présentes dans leur travail, elles se veulent “une version retroussée du futur, un psychédélisme pauvre, noir, blanc et gris”.
Car grâce à ces moyens pauvres, le spray de peinture ou la vidéo low-tech, c’est bien la dégénérescence des utopies que traitent Florian et Michaël Quistrebert, s’écartant ainsi des visions mystiques et idéalistes des grands abstraits. Pour Moholy-Nagy l’art abstrait projetait “un ordre futur désirable”. Mondrian voyait dans la peinture un modèle d’harmonie universelle et de beauté véritable, et croyait que l’homme, au cours de son développe- ment, la remplacerait par un environnement où il vivrait en harmonie. Kandinsky établissait une profonde rela- tion entre art et société, d’ordre essentiellement religieux. A propos du suprématisme, Malévitch écrit “notre monde de l’art apporte le nouveau, le non-objectif, le pur”. Et la Révolution d’Octobre 1917 crée les conditions de développement de l’avant-garde russe, les artistes adhérant à l’idée qu”un art révolutionnaire était un com- plément nécesssaire aux révolutions politiques et sociales. Jusqu’à ce que les artistes représentent une menace pour la Révolution, étouffée par l’ampleur même de son entreprise.
La dimension religieuse du travail des frères Quistrebert est donc un leurre. C’est peut-être davantage d’un point de vue mystique qu’il faut l’appréhender. Eux préfèrent parler de “psychic”, c’est à dire “of the mind”, dans une version plus large et moins précise de leur abstraction mediumnique.
Florian & Michaël Quistrebert vivent à Paris. Leurs dernières expositions personnelles ont eu lieu au Domaine départemental de Chamarande (Ex Futuro), à New York (Brothers of the Shadow, Envoy Enterprise) et à Nantes (The Eighth Sphere, Zoo Galerie). Ils ont récemment participé à plusieurs expositions collectives dont Ninetee- nEightyFour (Austrian Cultural Forum, NY), Là-bas (galerie Crèvecoeur, Paris) ou encore I’m so Sad my God (ISCP, NY).

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    Mary-u-wanna, 2010, exhibition View, Crèvecoeur © Lê Chau Cuong

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    Mary-u-wanna, 2010, exhibition View, Crèvecoeur © Lê Chau Cuong

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    untitled, 2010, 46 x 33 cm, spraypaint on canvas © Lê-Chau Cuong

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    Mary-u-wanna, 2010, exhibition View, Crèvecoeur © Lê Chau Cuong

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    untitled (triangles), 2010, video, 1mn12 in loop (video still)